CINEMA: “I Am Mother” – Quand Les Robots Rencontrent Kant

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Titre du film: I Am Mother (2019) (Netflix)

Réalisateur: Grant Sputore

 

Je ne suis pas un gros amateur de films de science-fiction et le nombre de films que j’ai vraiment apprécié et/ou compris se compte avec les doigts des deux mains. Ma liste est limitée, donc, mais elle inclut Les rencontres Du Troisième Type, de Steven Spielberg, qui est l’un de mes films préférés, tous genres confondus. Je peux désormais ajouter un autre film à ma liste très réduite de merveilles du genre – “I Am Mother” (Je Suis Mère) de Netflix. Le film est un mélange captivant d’intelligence artificielle et d’une voix tendre et affectueuse provenant d’un robot qui réussirait à endormir le bébé le plus exaspérant du monde en moins de 3 minutes. Ajoutez à cela une forte dose d’éthique kantienne et d’utilitarisme pour obtenir un film hors du commun.

I Am Mother devrait remporter l’Oscar du film dont le casting est réduit au strict minimum. Malgré le manque de monde, I Am Mother a été tourné de manière judicieuse et le scénario maintient le suspense et l’intrigue malgré le fait qu’il n’y ait que trois personnages dont l’un est un robot. Mais quelle voix, ce robot!

“Mother” (Mère) (Rose Byrne) est un robot doté d’une intelligence artificielle remarquable, conçu pour repeupler la terre après la disparition de l’humanité. N’ayant pas appris les leçons de l’époque où il y avait bien de la vie sur terre, Mother élève une adolescente têtue (Clara Rugaard), nommée “Daughter” (Fille). Cette petite merveille est la première adolescente d’une nouvelle génération d’humains mais garde, malgré tout, les caractéristiques que l’on adore chez une… adolescente! Les choses semblent bien se passer jusqu’à ce qu’une femme blessée (Hilary Swank) arrive à s’introduire dans le complexe et explique à notre adolescente parfaite qu’elle n’est pas la seule au monde et que sa mère n’est pas tout ce qu’elle y parait, malgré la voix. Vous n’avez pas eu ce même sentiment avec votre ordinateur?

 

Fille, je sais que tu as peur mais ne t’en fais pas. Est-ce que je t’ai déjà fait mal?

 

I Am Mother a comme fil rouge l’impératif catégorique d’Immanuel Kant et l’utilitarisme prêché par bien des philosophes. En contrôlant continuellement les connaissances acquises par Daughter, sa mère artificielle se pose des questions sur la nature du plus grand bien, comment y parvenir et à quel coût. En véritable mode kantien, notre héroïne adolescente doit répondre à 4 questions fondamentales tout en étant dans une situation absurde: que puis-je savoir, que dois-je faire, que puis-je espérer et qu’est-ce que l’homme? Faire confiance à son instinct ou à sa connaissance – elle doit choisir.

Suite à l’intrusion de la femme blessée, Daughter apprend lentement et douloureusement que les parents ne sont pas toujours objectifs et infaillibles. “Je suis gouvernée par différents paramètres,” admet sa mère, mais “je suis une bonne mère.” Ayant compris que les personnes et les robots sont capables de dire des demi-vérités à propos de leurs motivations, Daughter est confrontée au choix de rester dans la sécurité de son propre foyer ou de suivre la promesse de liberté et de camaraderie dans un monde extérieur qu’elle pensait être hors de portée.

I Am Mother est un film intemporel qui aborde des questions d’actualité. C’est aussi un rappel puissant de la manière dont la symbiose entre l’homme et l’intelligence artificielle peut se transformer en sentiments de méfiance et de peur si les robots deviennent presque trop humains.