FRANCE: Violences Conjugales – Un Mal Gaulois?

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Certains records nationaux sont enviables, d’autres honteux. Les chiffres officiels concernant les violences conjugales en France font froid dans le dos: une femme est tuée par son partenaire ou son ex-partenaire tous les trois jours.

Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que les chiffres officiels ne reflètent peut-être que la partie visible de l’iceberg et ne se rapprochent peut-être pas de la dure réalité à laquelle sont confrontées les femmes à la maison. Emmanuel Macron devrait annoncer des mesures pour lutter contre les violences conjugales, notamment la confiscation des armes à feu des personnes soupçonnées et la reconnaissance officielle de la “violence psychologique” en tant que violence conjugale. Les partenaires violents qui poussent les femmes à se suicider seraient passibles de condamnations pénales selon les lois proposées.

S’attaquer à ce problème profondément enraciné et tragique nécessite une augmentation considérable des fonds disponibles afin de disposer des installations nécessaires à la protection des victimes qui tentent d’échapper aux griffes de leurs agresseurs. Le plus souvent, les victimes de violences conjugales n’ont nulle part où aller pour échapper à la violence incontrôlée de leurs partenaires. Certaines victimes continuent de subir la violence en restant chez elles. D’autres s’évadent brièvement avant de rentrer à la maison, croyant que le partenaire ou mari s’est calmé. Et puis, il y a celles qui dorment dans des parcs, dans l’espoir d’un lendemain meilleur. Pour la psychiatre Marie-France Hirigoyen, qui travaille sur les effets psychologiques des violences domestiques depuis plus de 40 ans, il y a des composantes psychologiques et physiques.

Le problème de la violence psychologique est qu’il est difficile de prouver qu’elle a bien lieu. C’est un processus insidieux dans lequel la victime participe inconsciemment à sa propre chute en acceptant la situation comme étant normale. Pour Marie-France Hirigoyen, le globalisme des violences endurées par les femmes peut être comparé à un iceberg, la pointe de l’iceberg représentant le suicide de la victime, résultat de violences psychologiques et physiques qui forment le reste de la partie visible de l’iceberg. Mais il faut également prendre en compte ce qui se trouve sous l’océan froid. Il s’agit des inégalités flagrantes mais banales qui existent entre les hommes et les femmes et qui sont si largement acceptées dans nos sociétés.

Dans ses consultations, Marie-France Hirigoyen a conseillé des victimes qui n’ont jamais été agressées physiquement mais qui ont développé des symptômes psycho-somatiques directement liés à la violence psychologique exercée par leurs partenaires. Les symptômes incluent des douleurs corporelles constantes et généralisées, une dépression et / ou de l’anxiété et même un stress post-traumatique. Le pire, c’est que dans de nombreux cas, la victime ne se considère pas comme une victime, mais plutôt comme un coupable. C’est elle qui est responsable dès qu’elle tente de se défendre et, en tout état de cause, elle ne peut pas survivre sans la présence de son partenaire ou de son mari violent. Pour beaucoup de victimes de violences conjugales, les violences psychologiques dont elles sont victimes sont devenues une habitude contre laquelle elles ne se défendent pas jusqu’au jour où elles se brisent en mille morceaux chez le psychiatre ou pire, dans le parking situé sous leurs appartements du deuxième étage. Les victimes sont prises au piège, comme des grenouilles dans une marmite dont l’eau se réchauffe de jour en jour, sans se rendre compte qu’elles vont être bouillies à mort et ne sautent pas de la casserole à temps. Telle est la nature insidieuse de la violence psychologique.

La prévention est aussi la clé de la lutte contre ces violences.

S’il est évident que les policiers doivent être conscients des signes de violences conjugales pour ne pas éloigner les victimes potentielles, les écoliers doivent aussi apprendre que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas assez grandes pour justifier une discrimination.

J’ai eu un avant-goût de remarques sexistes qui pourraient toucher les écoliers quand le professeur de tennis de mon fils a dit à une fille de 14 ans, qui prenait trop de temps pour enfiler un sweat-shirt supplémentaire, qu’elle agissait “typiquement comme une femme.” Je lui fis vite comprendre que les hommes le faisaient aussi. Ces remarques n’avaient rien à voir avec les femmes, mais bien le sexisme.

Le système éducatif français peut être fier, à juste titre, d’enseigner Molière et Racine aux élèves de sixième, ainsi que la philosophie au baccalauréat. Désormais, le ministre de l’Éducation nationale devrait peut-être penser à expliquer les effets de la violence psychologique et physique sur les femmes, dans toutes les maternelles de France et de Navarre.